Chili by V. : Valparaíso

On continue notre périple à une heure de la capitale pour rejoindre la ville enchanteresse aux mille collines : Valparaíso ou la vallée du Paradis (Valle Paraiso). Flâneries interminables et gastronomies en tout genre au rendez-vous.

Il existe des villes dans lesquelles on se sent bien sans vraiment savoir pourquoi, dans lesquelles ce qui pourrait être pris comme un défaut devient inexorablement un charme. Avec Valpo, ville cabossée, c’est exactement ça : un amas infini de baraques colorées étalées sur 45 collines, squattées par des chats et tagguées par tout un chacun.

Port prestigieux jusqu’à la découverte du canal de Panama, Valparaíso reste un endroit inspiré et inspirant notamment le grand Pablo Nerudà qui vécut là-bas. Pour beaucoup, c’est devenu, avec Viña del Mar, sa voisine, l’escale branchée où on déambule le jour et funambule la nuit.

Pour découvrir cette ville, je crois qu’il y a deux façons : monter à bord des 15 ascensores de la ville pour une poignée de pesos ou utiliser ses petits petons de vieux campeur.

Pour autant, si l’envie de dévorer la ville d’un coup vous démange, aventurez-vous dans le premier minibus qui passe et laissez-vous porter par ce petit engin qui dévale à toute allure sur les collines. Ici pas d’arrêt de bus, un simple signe au conducteur et celui-ci s’arrête tout net…En plein milieu de la circulation !

Pour les ascensores, j’en retiendrai deux. Prime d’abord au plus ancien, l’ascensor Polanco, pour son petit côté glauque : tunnel sans fin et gouttières fuyantes. Surtout, son mirador, entouré de bicoques rafistolées, vous permet de contempler l’envers et le revers de cette ville. Montez ensuite à bord du “Conception” qui donne accès au Montmartre chilien, le Paseo Gervasoni : ruelles pentues, maisons mitoyennes aux marches bigarées où chaque génération y laisse son empreinte et contribue ainsi à forger sa propre ville. Un conseil : perdez-vous ! Lachez tous vos plans, regardez partout et dans tous les sens, dénichez votre endroit inédit à vous et vous seul.

La charmante entrée de l’ascenseur Polanco

…et son tunnel beaucoup moins charmant !

La sortie de l’ascenseur Conception

et son quartier : le Paseo Gervasoni

Le “ petit plus V.” pour apprécier les montées et descentes de la ville : “l’almuerzo grisant”.  Car comme dit Audrey Tautou dans “Hors de prix”, rien n’est plus grisant que d’avoir un petit coup dans le nez en pleine journée. Vous apprécierez d’autant plus le coté psyché des peintures murales.  Fous rires garantis…. Et là je vous laisse le choix du resto, gourmet ou bonne franquette. Dans le premier cas, rendez-vous chez “Vinilo” ou la cocina chilena par excellence. Une charmante serveuse vous expliquera tous les mets proposés pour finalement lui faire confiance sur la spécialité du chef accompagnée de leur bière faite maison ! Carne ou marisco, vous avez l’embarras du choix : on est près de la mer sans jamais quitter les spécialités de viande qui font la renommée du pays. Chez J. Cruz, c’est plutôt ambiance cantoch avec plat et vin unique : la chorillada ou comment “lier avec harmonie” viande, papas fritas et oignons (les canadiens et leur poutine nous l’envierait presque!). Le tout sur un intérieur bariolé des plus kitch et sur fond de clips ambiance années 80…Sans oublier la musique en vivo d’un des restaurateurs, sur laquelle tout le monde chante en coeur sans chichi, cadres dynamiques compris.

Chez Vinilo

La fameuse carne et son vin rouge (après la bière artisanale !)

Chez J. Cruz, on mange religieusement devant la télé

La chorillada

Ville bohème et hors du temps, Valparaíso contribue néanmoins avec ferveur à l’actualité de son pays : pas un établissement scolaire ou universitaire sans banderole réclamant une éducation gratuite pour tous. Conséquence de dix-sept ans de dictature sous la coupe des américains, le pays s’est libéralisé plus que de raison, faisant de l’éducation un bien transmissible entre gens bien lotis. Comment aujourd’hui supporter de telles injustices alors que de l’autre coté de la frontière, en Argentine, apprendre est synonyme de gratuité ?

Ville musée ? Vous ne faites pas si bien dire, des artistes se sont réunis pour faire d’un quartier “un musée à ciel ouvert” où chacun a esquissé sur un mur une de ses oeuvres. Ne ratez pas ce bijoux.

Le quartier du museo abierto où je suis tombée
sur ce moment de grâce : des danseuses…aux seaux !

NB : pour profiter de tout ça, je ne saurai que trop vous conseiller d’y aller en haute-saison, de décembre à mars, pour éviter les grands moments de solitude dans l’hostelling international le plus cool du pays (auberge classée et vraiment classe). Ca ne sent absolument pas le vécu par ailleurs…

Café Vinilo : sur la Cerro Alegre, calle Almirante Montt, 448
Casino Social J.Cruz : calle Condell, 1466   
Villa Maria Antonieta, hostelling international : calle Bernardo de Vera, 542

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14 réponses à “Chili by V. : Valparaíso

  1. Les photos sont superbes V., ça donne envie de voyager !

  2. « Il existe des villes dans lesquelles on se sent bien sans vraiment savoir pourquoi, dans lesquelles ce qui pourrait être pris comme un défaut devient inexorablement un charme. » Ca, c’est bien vrai!

    En tout cas, c’est clair, ça donne envie! Tu parles aussi bien de Dijon ou pas?

  3. Oh merci vous êtes gentils :)
    J’aimerais bien parler de Dijon en plus, déjà je prends toujours « le parcours de la chouette » pour aller en centre ville, alias l’itinéraire créé par l’office du tourisme. Donc oui promis je tenterai de faire un zoom sur quelques endroits made in Dijon, peut-être le jour où j’en partirai, quand la nostalgie m’envahira, ca m’aidera ;pp

  4. J’avoue, avec Barberousse et toi, je peux pas y couper ;)
    Pour l’histoire des Ducs, je suis plus perplexe, je laisse ça à Balaresque ;p

  5. J’arrive bientôt héhé enfin à Dijon pas à Valparaiso (c’est toujouts ça de pris)

  6. Lol vous me faîtes halluciner, à part JGV (et encore pas toujours…) à chaque fois que je tente de vous évader en vous parlant des terres exotiques sud-américaines, vous arrivez à parler des terres profondes de…Dijon !! (Mais sinon je suis contente que tu viennes Sista hein)

  7. Je savais qu’il fallait que j’arrête les blagues sur le K6 and Co…

  8. Ouais surtout toi, fais-nous rêver aussi, parle nous d’Equateur et de Mexique !

  9. D’ici quelques temps, ça se pourrait que je parle d’Amérique du Sud en effet… Faudra que je vois ça avec la patronne de Cinqsens…

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